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Le covoiturage en France : où en est-on aujourd’hui ?

Publié le 17 mars 2023 Dernière modification : 23 juin 2026

Depuis fin 2022, l’État met les bouchées doubles pour développer le covoiturage du quotidien. Aides financières, partenariats avec les collectivités, campagnes de sensibilisation : tous les leviers sont activés. L’objectif ? Tripler le nombre de trajets quotidiens d’ici 2027, pour atteindre 3 millions de trajets par jour. À la clé, jusqu’à 4,5 millions de tonnes de CO₂ évitées chaque année, selon le ministère de la Transition écologique1.

Pourquoi un tel chantier ? Parce que la voiture règne encore en solitaire. Sur les trajets du quotidien, 8 conducteurs sur 10 roulent seuls. Un réflexe coûteux, pour le portefeuille comme pour la planète. Faisons le point sur cette pratique, ses règles et ses coups de pouce en 2026.

Qui sont les covoitureurs en France ?

Selon l’enquête nationale de l’ADEME2 sur le covoiturage, publiée en septembre 2025, la France compte déjà 16 millions de covoitureurs.

Côté profil, l’équilibre est parfait : autant d’hommes que de femmes (52% et 48%). La pratique séduit surtout les jeunes, puisque 39% des covoitureurs ont entre 18 et 34 ans. Un tiers vivent dans les grandes villes, et 39% appartiennent aux catégories socioprofessionnelles supérieures. Bref, un public large, urbain et plutôt jeune, mais qui ne demande qu’à s’élargir encore.

C’est quoi le covoiturage, au juste ?

En France, partager sa voiture n’a rien de nouveau. Mais la pratique a connu un vrai renouveau grâce aux applications de mobilité, comme BlaBlaCar Daily, Karos, Klaxit, OuestGo ou Mobicoop. Reste à bien définir ce dont on parle.

La définition officielle

Selon l’article L.3132-1 du code des transports3, le covoiturage consiste à partager un véhicule entre un conducteur non professionnel et un ou plusieurs passagers, sur un trajet que le conducteur effectue pour son propre compte. Surtout, il ne génère aucun bénéfice : conducteur et passagers se contentent de partager les frais (carburant, péages, assurance…).

Deux conditions, donc, pour parler de covoiturage : le trajet doit d’abord servir au conducteur, et les échanges d’argent doivent se limiter au partage des coûts. Si l’une manque, on bascule dans le transport professionnel, soumis à de tout autres règles. À ce titre, le covoiturage se distingue nettement du taxi ou du VTC.

Une pratique encadrée et sans impôt

Bonne nouvelle pour les conducteurs : les sommes perçues au titre du partage des frais ne sont pas imposables, et n’ont pas à être déclarées. Pour rester dans les clous, l’administration recommande de fixer une participation inférieure ou égale à 0,20€/km et par passager. Au-delà, le fisc pourrait y voir une activité déguisée.

Un dernier réflexe avant de se lancer : vérifier son assurance. Une simple responsabilité civile suffit en général à couvrir les passagers. Mais mieux vaut confirmer auprès de son assureur que le contrat couvre bien les trajets domicile-travail et le prêt du volant.

Covoiturage - 2 personnes

Les différents types de covoiturage

Tous les covoiturages ne se ressemblent pas. L’ADEME en distingue deux grandes familles, selon le mode d’organisation. D’un côté, le covoiturage via une plateforme : une forme structurée, où une application met en relation conducteurs et passagers. De l’autre, le covoiturage informel, plus spontané, qui s’organise entre collègues, amis ou voisins, sans intermédiaire numérique.

À cette distinction s’ajoute celle de la distance. On parle de courte distance en dessous de 80 km, et de longue distance au-delà. Les usages diffèrent nettement. En courte distance, le trajet domicile-travail domine, avec une distance moyenne de 23 km via une plateforme et 15 km de manière informelle. En longue distance, ce sont les vacances et les loisirs qui priment, sur des trajets avoisinant les 300 km.

Un chiffre résume l’enjeu : chaque jour, 26 000 trajets sont réalisés en covoiturage de courte distance via une plateforme. À eux seuls, ils évitent 23 000 tonnes de CO₂ par an. Imaginez l’effet si la pratique se généralisait.

Pourquoi le covoiturage peine encore à décoller

Sur le papier, tout plaide pour le partage de voiture. Dans les faits, les habitudes résistent. L’ADEME pointe plusieurs freins bien identifiés. Le premier est psychologique : la peur de voyager avec des inconnus. S’y ajoutent le manque d’offres, notamment dans les zones rurales, et la concurrence du train, jugé parfois moins polluant sur les longues distances.

Les nombreux atouts du covoiturage

Car les avantages, eux, sont bien réels. Covoiturer, c’est avant tout alléger son budget : un actif vivant à 30 km de son travail peut économiser près de 2 000€ par an en partageant ses trajets4. C’est aussi diviser par deux les émissions de CO₂ de son déplacement.

Mais ce n’est pas tout. Le covoiturage permet aussi de :

  • Désengorger les routes, en réduisant le nombre de véhicules aux heures de pointe ;
  • Se déplacer là où les transports en commun manquent, notamment en zone rurale ;
  • Lutter contre les inégalités sociales, en offrant une mobilité à ceux qui n’ont pas de voiture ;
  • Respirer un meilleur air, en limitant la pollution dans les agglomérations.

Autant de raisons qui font du covoiturage un pilier de la mobilité du quotidien, à la fois économique et écologique.

Plusieurs personnes qui font du covoiturage

Quelles aides pour covoiturer en 2026 ?

Pour lever les freins, l’État a déployé plusieurs dispositifs. Le paysage a toutefois évolué : certains ont été reconduits, d’autres supprimés.

Le forfait mobilités durables

C’est le coup de pouce phare. Le Forfait mobilités durables (FMD) permet à votre employeur de prendre en charge une partie de vos trajets domicile-travail effectués en covoiturage. Dans le privé, cette prise en charge est exonérée d’impôt et de cotisations jusqu’à 900€ par an et par salarié. Côté fonction publique, le forfait atteint 300€ par an. Les modalités sont détaillées sur service-public.fr5 et sur le site de l’URSSAF6.

La prime de 100€, c’est fini

Lancée début 2023 pour les conducteurs qui se lancaient dans le covoiturage, la prime de 100€ versée via les plateformes pour les trajets courts a tiré sa révérence. Elle a été supprimée au 1er janvier 2025. Seuls les conducteurs ayant réalisé leur premier trajet avant fin 2024 ont pu finaliser leur demande.

Les aides locales, toujours d’actualité

Heureusement, les territoires prennent le relais. Via le Fonds vert, l’État cofinance les projets des collectivités, selon le principe « 1€ de l’État pour 1€ de la collectivité ». Sur ces territoires, les passagers voyagent gratuitement ou pour quelques euros, tandis que les conducteurs touchent une prime par passager transporté. Une carte des incitations locales est consultable sur les portails publics dédiés.

Des routes qui s’adaptent : les voies réservées

Au-delà des aides, le covoiturage gagne aussi du terrain… sur le bitume. Depuis 2020, des voies réservées au covoiturage (les VR2+) fleurissent aux abords des grandes métropoles. Leur principe : offrir une file dédiée aux véhicules transportant plusieurs occupants, ainsi qu’aux bus et aux taxis. Fin 2024, la France comptait une cinquantaine de kilomètres de ces voies.

L’idée est maligne. En accordant un gain de temps aux covoitureurs, ces voies récompensent le bon comportement et incitent à laisser sa voiture solo au garage. En 2025, le Cerema7 a dressé un bilan national, plutôt positif : sur la plupart des aménagements, le temps de parcours s’améliore nettement pour les usagers autorisés. Un signal encourageant pour la suite.

Suivre la pratique : l’observatoire national

Pour piloter cette transition, l’État s’est doté d’un outil de mesure : l’observatoire national du covoiturage du quotidien8, animé par le ministère des Transports, le Cerema, l’ADEME et le GART. Il s’appuie sur le Registre de preuve de covoiturage, créé en 2019, qui certifie les trajets réalisés via les plateformes partenaires.

Que disent les chiffres ? En 2025, environ 10,3 millions de trajets ont été effectués en covoiturage intermédié, c’est-à-dire via les plateformes numériques. Une dynamique réelle, mais encore loin du compte. Car l’objectif des 3 millions de trajets quotidiens englobe tout le covoiturage, organisé comme informel, là où les plateformes n’en représentent qu’une fraction. Le chemin reste donc long, mais la trajectoire est lancée.

Covoiturer, un geste qui a du sens

Le covoiturage gagne du terrain, porté par les aides, les infrastructures et une prise de conscience grandissante. Chaque trajet partagé, c’est un peu moins de CO₂ dans l’air et un peu plus d’euros dans la poche.

Et si vous poussiez la démarche plus loin ? En choisissant une électricité verte et française, vous prolongez ce geste du quotidien. Chez la bellenergie, nous proposons une énergie 100% renouvelable, produite en France, pour avancer ensemble vers un avenir plus sobre.

Sources

  1. Ministère de la Transition écologique – Le Gouvernement lance un nouveau plan covoiturage du quotidien de 150 millions d’euros ↩︎
  2. ADEME – Covoiturage : une pratique qui roule pour un tiers des Français ↩︎
  3. Legifrance – Code des transports ↩︎
  4. Ministère de la Transition écologique – Le covoiturage en France, ses avantages et la réglementation en vigueur ↩︎
  5. service-public.fr – Forfait mobilités durables (FMD) ↩︎
  6. URSSAF – Les frais professionnels ↩︎
  7. Cerema – Stratégie française de développement du covoiturage ↩︎
  8. observatoire.covoiturage.gouv.fr – Le covoiturage quotidien en France, de quoi parle-t-on ? ↩︎

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