Électricité - comprendre les évolutions prévues en août 2026
Marché de l'énergie

Électricité : comprendre les évolutions prévues en août 2026

Publié le 29 juillet 2026 Dernière modification : 29 juillet 2026

Tarifs Réglementés de Vente de l’Électricité en août 2026

Mi-juillet 2026, la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) propose une augmentation moyenne de 2,5% TTC des Tarifs Réglementés de Vente de l’électricité (TRVE), applicable dès le 1er août. Le gouvernement a suivi dans la soirée.

Qui décide du prix de l’électricité ?

En France, le prix des Tarifs Réglementés de Vente suit un processus balisé, 2 fois par an, en février et en août. C’est la CRE, autorité administrative indépendante, qui formule une proposition d’évolution. Elle s’appuie sur une analyse des coûts réels : acheminement, approvisionnement, taxes. Sa délibération est ensuite transmise au Conseil supérieur de l’énergie pour avis, avant que le gouvernement ne tranche. En pratique, l’exécutif suit très régulièrement la recommandation du régulateur.

Le 16 juillet au soir, le ministère de l’Énergie a annoncé qu’il suivrait la proposition de la CRE, en justifiant la hausse par la nécessité d’investir dans l’entretien des réseaux et de maintenir les capacités de production pour l’hiver. La décision politique est donc actée, mais elle ne deviendra officiellement applicable qu’après la publication de l’arrêté au Journal officiel.

Quelle augmentation à prévoir ?

La hausse proposée représente +5,98€ TTC par mégawattheure (MWh) par rapport aux tarifs actuellement en vigueur.

Traduit sur une facture annuelle, pour un foyer consommant en moyenne 4 500 kWh par an, soit la consommation de référence retenue par la CRE, cela donne :

  • Avant le 1er août 2026 : 1 046€ TTC/an ;
  • À partir du 1er août 2026 : 1 072€ TTC/an.

Soit environ 26€ de plus par an, ou un peu plus de 2€ supplémentaires par mois. Une hausse modérée, mais réelle.

Exemples de tarifs prévisionnels au 1er août 2026 au TRVE

Exemples de tarifs prévisionnels estimés au 1er août 2026 pour le TRV

Qui est concerné ?

Au 31 mars 2026, 19,37 millions de clients résidentiels étaient aux Tarifs Réglementés de Vente de l’Électricité (TRVE) en France métropolitaine, selon les données de la CRE. C’est près d’1 foyer sur 2 : sur 35,08 millions de sites résidentiels au total, le TRVE représente encore 55,2% des contrats.

Un chiffre en recul, mais qui reste massif. Sur le seul premier trimestre 2026, 174 000 clients résidentiels ont quitté le TRVE pour une offre de marché. Les fournisseurs alternatifs, dont la bellenergie, captent 58% de ces nouveaux arrivants, soit 135 000 sites supplémentaires sur le trimestre.

Du côté des clients professionnels éligibles au TRVE (puissance inférieure ou égale à 36 kVA), la situation est différente. La grande majorité a déjà basculé en offre de marché : au 31 mars 2026, 70,8% des sites non résidentiels sont en offre de marché, soit 3,83 millions sur 5,41 millions. 1,58 million de sites professionnels restent encore au TRVE.

Quant aux clients qui sont déjà en offre de marché à prix fixes garantis de la part de l’électricité comme ceux de la bellenergie, ils ne subissent pas directement cette révision sur la part énergie. En revanche, certaines composantes évoluent pour tous sans exception. On y revient plus bas.

Tarifs Réglementés de Vente de l’électricité en août 2026

Les évolutions du TRVE : décryptage des différents leviers

La hausse moyenne de 2,5% TTC des Tarifs Réglementés de Vente de l’Électricité au 1er août 2026 résulte de plusieurs mouvements qui se combinent. Elle ne s’applique pas de façon identique à tous les profils :

  • Pour les clients résidentiels au Tarif Bleu : +2,51% TTC, soit +5,98€/MWh TTC ;
  • Pour les clients professionnels au Tarif Bleu (puissance ≤ 36 kVA) : +2,35% TTC, soit +5,56€/MWh TTC.

Certains facteurs tirent la facture vers le haut, d’autres l’atténuent légèrement. Voici ce qui se passe concrètement.

Le mécanisme de capacité : préparer l’hiver dès l’été

Derrière ce nom un peu technique se cache un objectif très concret : garantir que la France disposera de suffisamment d’électricité lorsque la demande atteint son maximum, notamment pendant les vagues de froid hivernales. Le réseau électrique doit maintenir en permanence un équilibre entre la quantité d’électricité produite et celle consommée. Pour éviter tout risque de tension lors des pics de consommation, il est nécessaire de s’assurer à l’avance que des moyens de production, de stockage ou d’effacement seront disponibles au bon moment. C’est précisément le rôle du mécanisme de capacité.

Au 1er août 2026, un nouveau mécanisme de capacité entre en vigueur, en remplacement de l’ancien. Sa première enchère s’est tenue le 6 juillet 2026 pour l’hiver 2026/2027.

La CRE a fait le choix d’intégrer ce nouveau mécanisme dans le calcul des TRVE dès août 2026, mais de façon progressive. Plutôt que d’intégrer d’un coup l’intégralité des coûts, y compris le reliquat de l’ancien mécanisme, elle a retenu une approche plus lissée : seuls les coûts du nouveau mécanisme sont pris en compte pour l’instant, étalés sur 12 mois. Le reliquat de l’ancien mécanisme, lui, sera rattrapé lors du prochain mouvement tarifaire de février 2027.

Ce choix n’est pas anodin. Sans ce lissage, la hausse liée à la brique capacitaire aurait été nettement plus marquée. La CRE a explicitement retenu cette approche dans un souci d’acceptabilité pour les consommateurs. Cette intégration se traduit par une hausse de la brique capacitaire des TRVE de +1,73% TTC.

Le TURPE augmente

Le premier levier de cette hausse est le TURPE(Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité). Il finance l’acheminement de l’électricité jusqu’aux consommateurs ainsi que l’exploitation, l’entretien et la modernisation des réseaux électriques.

Le TURPE est composé de deux volets :

  • Le TURPE 7 HTA-BT concerne le réseau de distribution, géré principalement par Enedis (ou par une entreprise locale de distribution sur certains territoires). C’est ce réseau qui achemine ensuite l’électricité jusqu’aux habitations, commerces et petites entreprises, via les lignes à moyenne tension (HTA) puis à basse tension (BT) ;
  • Le TURPE 7 HTB, qui concerne le réseau de transport exploité par RTE. Il s’agit des lignes à haute et très haute tension qui acheminent l’électricité sur de longues distances, entre les centrales de production et les grands postes électriques.

Au 1er août 2026, la CRE prévoit une évolution de ces 2 tarifs :

  • +3,04% pour le TURPE 7 HTA-BT, qui s’applique aux clients résidentiels et professionnels ;
  • +3,34% pour le TURPE 7 HTB, qui concerne exclusivement les gros consommateurs industriels raccordés directement au réseau de transport RTE (Tarif Vert notamment), et n’a pas d’impact sur la facture de nos clients résidentiels ou professionnels dont la consommation est inférieur à 36 kVA.

Seule l’évolution du TURPE HTA-BT (+3,04%) est donc à prendre en compte dans le calcul du TRVE Tarif Bleu. Ces évolutions résultent notamment de l’actualisation annuelle prévue par la réglementation, de l’évolution de l’inflation et d’un mécanisme de régularisation qui prend en compte les écarts entre les recettes et les charges réellement constatées par les gestionnaires de réseau. La CRE souligne notamment que l’année 2025, plus chaude que prévu, a entraîné des consommations et des recettes tarifaires inférieures aux prévisions.

À noter toutefois : ces deux pourcentages ne s’additionnent pas.

Traduit sur le TRVE, cette hausse représente en moyenne +2,13€/MWh HT, soit +1,14% TTC sur la facture finale. Le détail selon le profil :

Impact en €/MWh HTImpact TTC
Clients résidentiels+2,20€/MWh HT+1,17% TTC
Clients non résidentiels+2,00€/MWh HT+1,14% TTC

La baisse des coûts liés aux CEE atténue légèrement la hausse

Toutes les composantes des Tarifs Réglementés de Vente n’évoluent pas dans le même sens. Les coûts de commercialisation, qui intègrent notamment la gestion des contrats, la facturation et les dépenses liées aux Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), viennent légèrement limiter la hausse proposée pour août 2026.

Pour calculer cette partie des TRVE, la CRE s’appuie sur les coûts prévisionnels d’EDF, fournisseur du TRVE (Tarif Bleu). Les frais commerciaux hors CEE augmentent très légèrement, à hauteur de 0,01€/MWh HT. En parallèle, le coût retenu pour les CEE diminue.

Cette baisse des coûts liés aux CEE compense largement la très faible hausse des autres frais commerciaux. Au total, cette composante entraîne une baisse d’environ 0,39% HT, soit 0,32% TTC. Elle ne neutralise pas les autres augmentations, mais elle en atténue légèrement l’effet.

L’Accise sur l’électricité baisse légèrement : une bonne nouvelle, mais partielle

Une autre évolution joue en faveur des consommateurs. L’Accise sur l’électricité, cette taxe nationale collectée par les fournisseurs puis reversée à l’État, diminue légèrement au 1er août 2026.

Conformément à la loi de finances pour 2026, les tarifs pleins évoluent de la manière suivante :

Catégorie fiscaleActivitéPuissance souscriteDu 1er février au 31 juillet 2026À partir du 1er août 2026
Ménages et assimilésActivités non économiques≤ 250 kVA3,085 c€/kWh3,062 c€/kWh
Ménages et assimilésActivités économiques≤ 36 kVA3,085 c€/kWh3,062 c€/kWh
Entreprises et assimiléesActivités économiques> 36 kVA et ≤ 250 kVA2,658 c€/kWh2,635 c€/kWh
Entreprises et assimiléesActivités non économiques> 250 kVA2,658 c€/kWh2,635 c€/kWh

Cette baisse de 0,023 c€/kWh représente un allègement limité de la fiscalité. Elle se traduit par une diminution d’environ 0,10% TTC des Tarifs Réglementés de Vente de l’Électricité (TRVE). Elle vient ainsi compenser une partie des hausses liées aux autres composantes de la facture, sans toutefois les effacer.

Couple découvre les évolutions du TRVE

Comment se construisent les Tarifs Réglementés de Vente de l’Électricité ?

Ce qui compose votre facture d’électricité

Les Tarifs Réglementés de Vente de l’Électricité obéissent à une méthode précise, encadrée par le code de l’énergie : ce qu’on appelle l’empilement des coûts. Chaque poste correspond à une réalité concrète du système électrique.

  • Le prix de l’électricité elle-même : c’est le coût d’achat de l’énergie sur les marchés de gros ;
  • La garantie que l’électricité sera disponible quand vous en avez besoin : c’est la brique capacitaire, liée au mécanisme de capacité ;
  • L’acheminement jusqu’à votre prise : c’est le TURPE. Il couvre le coût des réseaux de transport et de distribution ;
  • Les frais de gestion et de commercialisation : prend en compte les coûts de commercialisation (service client, facturation, gestion des contrats…) ainsi que la rémunération du fournisseur ;
  • À tout cela s’ajoutent les taxes et contributions : Accise sur l’électricité, Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA) et TVA.

Ces composantes évoluent chacune à leur propre rythme. C’est précisément ce qui explique pourquoi votre facture peut bouger même quand les prix du marché restent stables, et inversement.

Pourquoi les TRVE ne suivent pas les marchés en temps réel

C’est une question que beaucoup de consommateurs se posent. Les prix de gros de l’électricité bougent chaque jour. Les TRVE n’évoluent généralement que 2 fois par an, en février et en août.

La raison tient à la méthode de calcul. La CRE ne se base pas sur le prix du marché le jour J. Elle intègre des données lissées sur plusieurs mois, pour amortir les variations brutales et protéger les consommateurs des à-coups trop violents. C’est un filet de sécurité, mais il crée mécaniquement un décalage entre ce que valent les marchés aujourd’hui et ce que vous payez sur votre facture.

En pratique, lorsque les prix de marché baissent, les consommateurs en bénéficient généralement avec un certain décalage. À l’inverse, lorsqu’ils remontent, leur hausse met également du temps à se répercuter.

Nouveautés structurelles : ce qui pourrait changer au-delà du niveau tarifaire

Au-delà de la hausse des tarifs au 1er août 2026, la Commission de Régulation de l’Énergie(CRE) poursuit sa réflexion sur l’évolution des Tarifs Réglementés de Vente (TRVE). L’objectif est de mieux adapter les offres d’électricité aux nouveaux usages et à l’évolution du système électrique.

HP/HC ouverte aux compteurs 3 kVA : une première

Jusqu’ici, l’option Heures Pleines / Heures Creuses n’était accessible qu’à partir d’une puissance souscrite de 6 kVA. Les clients avec un petit compteur de 3 kVA, souvent des petites surfaces, n’y avaient tout simplement pas accès. La CRE propose d’ouvrir cette option aux puissances de 3 kVA dès le 1er août 2026.

Ce n’est pas qu’une question de principe. La CRE estime que 60% de ces clients auraient intérêt à basculer en HP/HC sans même modifier leurs habitudes de consommation. Pour ceux qui peuvent en plus décaler certains usages lave-linge, recharge, chauffe-eau, le bénéfice peut aller encore plus loin.

Tempo 24 kVA : enfin un tarif distinct

Autre ajustement proposé, plus discret. Aujourd’hui, les clients avec l’option Tempo souscrivant une puissance de 24 kVA paient le même abonnement que ceux à 30 kVA, alors qu’ils disposent d’une puissance disponible plus faible.

La CRE propose la création d’un abonnement spécifique aux 24 kVA, pour que ces clients puissent réellement tirer parti de leur puissance de souscription plus basse.

En Outre-Mer : plusieurs ajustements

Pour les clients en Outre-Mer (La Réunion, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane), plusieurs évolutions sont proposées :

La CRE envisage d’abord de supprimer l’option Base des tarifs Bleus+ au 1er août 2026. Les clients qui n’auraient pas modifié leur option tarifaire dans l’année seraient automatiquement basculés vers l’option HP/HC.

Toujours dans le cadre des tarifs Bleus+, la CRE propose un rééquilibrage entre la part fixe et la part variable : l’abonnement de l’option HP/HC historique baisserait, en contrepartie d’une hausse équivalente sur le prix du kilowattheure.

Enfin, une transition progressive est engagée pour les tarifs Jaunes et Verts historiques en Corse et en Outre-Mer. Un lissage sur 4 ans, dans la perspective d’une suppression progressive de ces tarifs à terme.

Nouveautés structurelles TRVE - août 2026

Ce que cela change pour les clients la bellenergie

La hausse des Tarifs Réglementés de Vente de l’Électricité (TRVE) concerne en premier lieu les clients restés au Tarif Bleu d’EDF. Toutefois, certaines évolutions annoncées au 1er août 2026 concernent également les clients ayant souscrit une offre de marché, chez la bellenergie comme chez tout autre fournisseur.

Ce qui dépend de votre fournisseur… et ce qui n’en dépend pas

Votre facture d’électricité est composée de plusieurs éléments. la bellenergie maîtrise notamment : le prix de la fourniture d’électricité et le montant de l’abonnement.

En revanche, d’autres composantes sont réglementées. Elles sont proposées par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et définies par les pouvoirs publics. Elles s’appliquent à tous les fournisseurs, qui les répercutent sur les factures de leurs clients.

Il s’agit notamment :

  • Du TURPE, qui finance les réseaux publics d’électricité ;
  • Des taxes et contributions, comme la CTA, la TVA et l’Accise sur l’électricité ;
  • De certains coûts réglementaires liés au fonctionnement du système électrique.

En offre à prix fixes garantis de la part de l’électricité : qu’est-ce qui change vraiment ?

Si vous avez souscrit une offre Prudence, Constance ou Garance, le prix du kWh et de l’abonnement Hors taxes et contributions sont figés pendant 1, 2 ou 3 ans, selon l’offre choisie.

En revanche, les composantes réglementées de votre facture continuent d’évoluer lorsque les pouvoirs publics en décident.

En comprenant ce qui compose votre facture, il devient plus facile de choisir une offre adaptée à vos besoins et d’anticiper l’impact des évolutions.

Sources

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