L’essentiel en 30 secondes
Trois blocs composent le prix : la fourniture (40%), le réseau (28%) et les taxes (32%), selon la CRE. Seule la fourniture varie d’un fournisseur à l’autre.
Le marché de gros fixe le prix sur la base de la dernière centrale appelée. En pointe, c’est souvent une centrale à gaz.
L’Europe compte : les marchés sont interconnectés, une crise chez un voisin se répercute en France.
Depuis le 1er janvier 2026, l’ARENH a laissé place au versement nucléaire universel (VNU).
Réseau et taxes évoluent selon leur propre calendrier : TURPE chaque 1er août, taxes au gré des décisions publiques.
Coûts de production, cours européen du MWh, prix du gaz, coûts des réseaux, taxes… De multiples facteurs influent sur le prix de l’électricité que vous payez. Pourquoi tant de paramètres ? Parce que l’électricité a une particularité : elle doit être produite au moment même où elle est consommée. Comme elle se stocke encore difficilement à grande échelle, l’équilibre entre l’offre et la demande doit être assuré en permanence. Les prix bougent donc en continu. Voici comment tout cela s’assemble, de la centrale à votre facture.
Comment se compose le prix de l’électricité ?
Le prix de l’électricité se compose de trois blocs : la fourniture, qui couvre l’achat et la commercialisation de l’électricité, le réseau, qui finance son acheminement, et les taxes et contributions fixées par l’État.
| Composante | Part de la facture | Qui la fixe ? | Varie selon le fournisseur ? |
|---|---|---|---|
| Fourniture (achat de l’électricité, capacité, commercialisation, marge) | 40% | Le fournisseur | Oui |
| Réseau (TURPE) | 28% | La CRE | Non |
| TVA | 17% | L’État | Non |
| Accise sur l’électricité | 13% | L’État | Non |
| CTA | 2% | L’État | Non |
Autrement dit, sur 100€ de facture, 60€ financent le réseau et les taxes, identiques chez tous les fournisseurs. Seuls les 40€ restants dépendent de votre offre.
Abonnement et prix du kWh : où retrouver ces blocs sur la facture ?
Sur votre facture, ces trois blocs ne sont pas présentés séparément. Ils se répartissent entre deux lignes : l’abonnement et la consommation.
| Abonnement (part fixe) | Consommation (part variable, en kWh) | |
|---|---|---|
| Fourniture | Frais de gestion du contrat | Prix de l’électricité consommée |
| Réseau | Part fixe du TURPE | Part variable du TURPE |
| Taxes | CTA + TVA | Accise + TVA |
| Dépend de… | La puissance du compteur | Vos kWh et votre option Base ou Heures Pleines / Heures Creuses |
Voyons maintenant, bloc par bloc, ce qui fait évoluer chacun de ces montants.
Les coûts de production de l’électricité
Les coûts de production entrent dans la part fourniture. Ils varient selon le mode de production : nucléaire, fossile ou renouvelable. Pourtant, comme nous allons le voir, leur influence sur le prix final n’est pas aussi directe qu’on pourrait le croire.
D’où vient l’électricité produite en France ?
D’après le bilan électrique 2025 de RTE, la France métropolitaine a produit 547,5 TWh d’électricité en 2025, en hausse de 1,5% sur un an. Surtout, 95,2% de cette production est décarbonée, grâce au nucléaire et aux renouvelables. L’intensité carbone de l’électricité française s’établit à 19,6 gCO₂eq/kWh, l’une des plus basses au monde.
| Source de production | Production (TWh) | Part du mix 2025 |
|---|---|---|
| Nucléaire | 373,0 | 68,1% |
| Hydraulique | 62,4 | 11,4% |
| Éolien | 49,6 | 9,1% |
| Solaire | 32,9 | 6,0% |
| Gaz | 16,4 | 3,0% |
| Thermique renouvelable et déchets | ~10,9 | 2,0% |
| Fioul, charbon, autres fossiles | ~2,4 | < 0,5% |
Côté tendances, le nucléaire poursuit son redressement (+11,3 TWh par rapport à 2024) grâce à une meilleure disponibilité du parc. Le solaire, lui, continue sa course : 5,9 GW de nouvelles capacités installées en 2025, ce qui en fait désormais la première filière renouvelable en puissance raccordée. La production fossile, enfin, atteint son plus bas niveau depuis 75 ans.
Combien coûte la production d’électricité en France ?
Les coûts de production varient fortement d’une filière à l’autre, et même d’un site à l’autre :
| Filière | Coût de production | Ce qui le fait varier |
|---|---|---|
| Nucléaire existant | 60,3€/MWh (coût complet 2026-2028, CRE) | L’âge des réacteurs, la maintenance, les investissements |
| Éolien terrestre | Autour de 59€/MWh (ADEME) | Le gisement de vent et la taille du parc |
| Photovoltaïque | De 70 à 91€/MWh (ADEME) | L’installation au sol ou en toiture |
| Centrales thermiques fossiles | Très variable, de 50 à plus de 150€/MWh | Le prix du combustible et du CO₂ |
Les coûts du nucléaire et des renouvelables sont désormais comparables, et surtout prévisibles. La France produisant l’essentiel de son électricité avec ces filières, son prix devrait donc être stable et plutôt bas. Et pourtant, ce n’est pas si simple. Pour comprendre pourquoi, il faut plonger dans le fonctionnement du marché.

Comment fonctionne le marché de l’électricité ?
On parle souvent « du » marché de l’électricité comme d’une place unique. En réalité, il existe en France et en Europe deux marchés de gros distincts. L’un anticipe, l’autre ajuste. Et c’est cette mécanique à deux étages qui détermine, in fine, une bonne partie de votre facture.
Producteurs, fournisseurs, traders : qui échange quoi ?
- Les producteurs exploitent les centrales et vendent l’électricité qu’ils génèrent ;
- Les fournisseurs achètent cette électricité en gros pour la revendre à leurs clients : particuliers, professionnels, collectivités ;
- Les traders, intermédiaires financiers, achètent et vendent sur le marché.
Ces échanges passent par des bourses spécialisées, comme EEX ou EPEX SPOT, ou directement entre deux parties, en gré à gré.
Au cœur du système : les responsables d’équilibre
À chaque instant, la production doit égaler la consommation. Sinon, la fréquence du réseau, maintenue à 50 Hz dans toute l’Europe continentale, se dérègle. Pour garantir cet équilibre, RTE s’appuie sur des responsables d’équilibre. Ces opérateurs agréés s’engagent à équilibrer un « périmètre » de points de production et de consommation, en achetant ou vendant sur les marchés.
En France, tout site raccordé au réseau doit être rattaché à un responsable d’équilibre. Pour un particulier, c’est invisible : votre fournisseur s’en charge, lui-même ou via un autre acteur agréé.
Le marché à terme (EEX) : anticiper
Premier étage : le marché à terme. Les fournisseurs y sécurisent leur approvisionnement plusieurs semaines, mois ou années à l’avance, en achetant des « blocs » d’électricité standardisés :
- Les produits calendaires : un « CAL 2027 » couvre toute l’année civile 2027 ;
- Les produits trimestriels : un « Q1 2027 » couvre janvier, février et mars 2027 ;
- Les produits mensuels, puis hebdomadaires ou journaliers à mesure qu’on se rapproche de la livraison.
Une chambre de compensation s’intercale entre acheteurs et vendeurs : si l’un fait défaut, l’autre est tout de même livré ou payé. Comme on y échange des livraisons futures, ce marché réagit aux anticipations plutôt qu’aux aléas du jour. Ses prix bougent donc plus calmement.
Le marché spot (EPEX SPOT) : ajuster
Second étage, beaucoup plus nerveux : le marché spot. Chaque jour, avant 12 h, producteurs et acheteurs déposent leurs offres pour le lendemain. À midi, le carnet se ferme et un algorithme calcule un prix d’équilibre : c’est le marché day-ahead. Depuis le 30 septembre 2025, ce prix est calculé par pas de 15 minutes, contre une heure auparavant.
Pour s’ajuster encore après midi, le marché intraday reste ouvert en continu, jusqu’à quelques minutes avant la livraison physique. Reste une question clé : comment ce prix d’équilibre est-il calculé ?
Le merit order : la mécanique qui fixe le prix
Le merit order est sans doute LE concept clé pour comprendre votre facture. Il fonctionne en trois temps :
- On empile les offres de production par coût croissant. En bas, les renouvelables, puis le nucléaire et l’hydraulique de barrage. Tout en haut, les centrales fossiles, qui brûlent un combustible importé et paient leurs émissions de CO₂ ;
- On appelle les centrales une à une jusqu’à couvrir la demande. Faible consommation ? Seules les moins chères tournent. Forte demande ? On remonte la pile ;
- Tout le monde est payé au prix de la dernière centrale appelée. Éolienne ou centrale à gaz, chaque producteur touche le même prix sur ce pas de 15 minutes.
Pourquoi ce système ? Parce qu’une centrale à gaz ne pourrait jamais vendre au prix de l’éolien sans perdre de l’argent. Le merit order garantit que chaque centrale appelée couvre ses coûts. Au passage, il favorise les énergies les moins chères et bas carbone, toujours appelées en priorité. En théorie, c’est vertueux. En pratique, il a un revers.
Pourquoi le prix du gaz fait grimper toute l’électricité
Tout dépend du moment :
- Quand la demande est modérée (printemps doux, nuit, week-end ensoleillé), renouvelables et nucléaire suffisent. Le prix reste raisonnable. Il peut même tomber à zéro, voire devenir négatif, quand le soleil et le vent produisent beaucoup ;
- En pointe (vague de froid, soirée sans vent), il faut faire tourner les centrales à gaz. Leur coût, qui combine le prix du gaz et le coût du CO₂ sur le marché carbone européen, devient alors le prix de toute l’électricité vendue à ce moment-là.
C’est exactement ce qui s’est produit en 2022. La guerre en Ukraine a fait flamber le gaz européen, et le prix spot moyen de l’électricité en France a atteint 275,9€/MWh sur l’année.
L’influence européenne sur le prix de l’électricité
Un marché européen interconnecté
Les électrons ne s’arrêtent pas aux frontières. Les pays européens sont reliés par des interconnexions, de grandes lignes à très haute tension. Grâce au couplage des marchés, l’électricité circule automatiquement vers les pays où elle est la plus chère, jusqu’à saturation des lignes ou égalisation des prix. Ce mécanisme couvre environ 95% de la consommation européenne. Résultat : les prix spot français, allemand ou belge sont souvent identiques.
Pour la France, c’est plutôt une bonne affaire. Avec un mix très bas carbone et des coûts maîtrisés, elle est le premier exportateur net d’électricité d’Europe.
Le revers : l’effet domino du gaz
Quand un voisin connaît une tension sur ses approvisionnements, l’onde de choc se propage à toute la zone interconnectée. Et comme le gaz boucle souvent l’équilibre en pointe, son cours peut devenir le prix de référence de tout le marché européen, y compris pour une électricité française majoritairement nucléaire et renouvelable.

La réforme européenne du marché de l’électricité
Pour atténuer cet effet, l’Union européenne a adopté le 21 mai 2024 une réforme du marché de l’électricité. Elle encourage les contrats à long terme à prix fixés à l’avance, moins exposés aux soubresauts des cours. Elle généralise aussi les contrats d’écart compensatoire pour les nouvelles installations soutenues par l’État : si le prix de marché passe sous un prix convenu, l’État compense le producteur ; s’il le dépasse, le producteur reverse le surplus.
Cette réforme ne supprime pas le lien entre gaz et électricité. Elle vise plutôt à en amortir les effets les plus brutaux.
Fin de l’ARENH : ce qui change depuis 2026
Pendant près de quinze ans, l’ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique) a permis aux fournisseurs d’acheter une partie de la production nucléaire d’EDF à un prix fixe de 42€/MWh. Ce dispositif a pris fin le 31 décembre 2025.
Depuis le 1er janvier 2026, EDF vend l’intégralité de sa production nucléaire sur les marchés. Un nouveau mécanisme prend le relais : le Versement Nucléaire Universel (VNU). Son principe, détaillé dans l’avis de la CRE :
- La CRE évalue le coût complet du nucléaire existant, fixé à 60,3€/MWh pour 2026-2028 ;
- Quand les revenus d’EDF tirés de ce parc dépassent un premier seuil, une partie est taxée, puis une part plus importante au-delà d’un second seuil ;
- Ces sommes sont reversées à tous les consommateurs, sous forme de réduction sur la facture, quel que soit leur fournisseur.
En clair, le VNU agit comme un amortisseur en cas de flambée des prix de gros. Avec des prix de marché modérés, la CRE estimait toutefois peu probable son déclenchement dès 2026.

Tarifs réglementés ou offre de marché : qu’est-ce que ça change ?
Réseau et taxes sont les mêmes pour tous. La différence se joue uniquement sur la part fourniture, dont le prix ne se fixe pas de la même façon selon le type d’offre.
| Tarif Réglementé de Vente (TRV) | Offre de marché | |
|---|---|---|
| Qui fixe le prix ? | Les pouvoirs publics, sur proposition de la CRE | Le fournisseur |
| Comment ? | Par « empilement des coûts » : approvisionnement, réseau, commercialisation, taxes | Selon sa stratégie d’achat sur les marchés et ses coûts |
| Quand évolue-t-il ? | En général deux fois par an, en février et en août | Selon le contrat : prix fixes, indexés ou variables |
| Qui le propose ? | EDF | Tous les fournisseurs |
Pour peser le pour et le contre, consultez notre comparatif TRV ou offre de marché : que choisir ?
Et chez la bellenergie ?
la bellenergie s’approvisionne en électricité renouvelable auprès de producteurs français. Nous proposons ainsi des offres d’électricité 100% verte et française, issues du solaire, de l’éolien et de l’hydraulique. Avec Prudence, Constance et Garance, le prix du kWh et de l’abonnement hors taxes reste garanti pendant 1, 2 ou 3 ans. De quoi garder de la visibilité sur votre budget, quels que soient les soubresauts du marché.
Questions fréquentes sur le prix de l’électricité
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Selon la CRE (T2 2026), la facture d’un client résidentiel se compose à 40% de fourniture, 28% de coûts de réseau (TURPE) et 32% de taxes : TVA (17%), accise (13%) et CTA (2%). Seule la fourniture varie d’un fournisseur à l’autre.
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Sur le marché de gros, toutes les centrales sont payées au prix de la dernière centrale appelée pour couvrir la demande (le merit order). En période de pointe, il s’agit souvent d’une centrale à gaz. Son coût, qui dépend du prix du gaz et du CO₂, fixe alors le prix de toute l’électricité.
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Depuis le 1er janvier 2026, l’ARENH est remplacé par le versement nucléaire universel (VNU). EDF vend toute sa production nucléaire sur le marché. Si ses revenus dépassent certains seuils, une partie est taxée et reversée à tous les consommateurs sous forme de réduction sur leur facture.
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Le TURPE est le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité. Fixé par la CRE, il finance le transport (RTE) et la distribution (Enedis). Il représente 28% de la facture d’un client résidentiel.
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Trois prélèvements : l’Accise sur l’électricité, calculée sur chaque kWh ; la CTA, égale à 15% de la part fixe du TURPE depuis février 2026 ; et la TVA à 20% sur toute la facture. Ensemble, elles pèsent 32% de la facture.
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Uniquement la part fourniture, soit 40% de la facture selon la CRE. Le réseau et les taxes sont identiques chez tous les fournisseurs. Ajuster la puissance du compteur et réduire sa consommation restent les autres leviers.
Sources
- CRE – Observatoire des marchés de détail, T2 2026
- CRE – Délibération n°2026-147 du 15 juillet 2026 portant proposition des TRVE
- CRE – Avis sur le dispositif post-ARENH (versement nucléaire universel)
- CRE – Coûts complets du parc nucléaire historique 2026-2028
- RTE – Bilan électrique 2025
- ADEME – Électricité et chaleur renouvelables : quel mode de production est le moins cher ?
- Conseil de l’UE – Réforme du marché de l’électricité
Pour aller plus loin
Comprendre les taxes sur la facture d’électricité
Qu’est-ce que le tarif d’acheminement de l’électricité (TURPE) ?
Prix de l’électricité : pourquoi évolue-t-il ?
Électricité : comprendre les évolutions prévues en août 2026
La distribution de l’électricité en France
Fournisseur d’électricité : TRV ou offre de marché, que choisir ?