COP17 2026 objectifs du sommet mondial sur la biodiversité
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COP17 2026 : objectifs du sommet mondial sur la biodiversité

Publié le 20 octobre 2026 Dernière modification : 20 octobre 2026

Le 19 octobre 2026, la COP17 sur la biodiversité a ouvert ses portes à Erevan, en Arménie. Pendant 12 jours, les représentants du monde entier vont faire un exercice inédit : regarder en face les résultats de leurs promesses. Quatre ans après l’accord de Kunming-Montréal, l’heure n’est plus aux annonces, mais au bilan. Que va-t-on y décider ? Pourquoi ce sommet compte-t-il autant ? Et que peut-on faire, à son échelle ? On fait le point.

Qu’est-ce que la COP17 sur la biodiversité ?

La COP17 est la 17e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB). Elle réunit du 19 au 30 octobre 2026, à Erevan, les pays engagés à protéger le vivant. Sa mission principale : réaliser le premier examen mondial des progrès accomplis vers les objectifs fixés pour 2030.

Nom officiel17e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique
DatesDu 19 au 30 octobre 2026
LieuErevan, Arménie
Thème« Agir pour la nature » (Taking Action for Nature)
Participants196 Parties : 195 pays et l’Union européenne
Enjeu centralPremier bilan mondial du Cadre de Kunming-Montréal
Prochaine COP climatCOP31, du 9 au 20 novembre 2026, à Antalya (Turquie)

À quoi sert une COP consacrée à la biodiversité ?

La COP sur la biodiversité est une conférence internationale qui rassemble les pays signataires de la Convention sur la diversité biologique (CDB). Adopté lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992, ce traité vise à préserver le vivant et ses ressources.

Organisées tous les 2 ans, ces rencontres permettent aux États de négocier des engagements communs et de suivre leur application. Elles reposent sur 3 grandes missions :

  • Conserver la diversité biologique : protéger les espèces animales et végétales, ainsi que leurs habitats naturels ;
  • Utiliser durablement les ressources biologiques : répondre aux besoins humains sans compromettre leur renouvellement ;
  • Partager équitablement les avantages issus des ressources génétiques : garantir une répartition juste des bénéfices liés à leur utilisation.

À ne pas confondre avec les COP climat, plus médiatisées, qui se tiennent chaque année. Notre article sur les changements climatiques actuels et futurs revient sur ces enjeux.

Qu'est-ce que la COP17 sur la biodiversité

Où et quand se déroule la COP17 en 2026 ?

La COP17 se tient du 19 au 30 octobre 2026 à Erevan, la capitale arménienne. Le choix n’a rien d’anodin : l’Arménie se situe au cœur d’un point chaud de biodiversité, entre Caucase et plateau iranien.

En parallèle, 2 autres rendez-vous se tiennent à Erevan : la réunion des Parties au Protocole de Carthagène, consacré à la biosécurité, et celle du Protocole de Nagoya, qui encadre le partage des avantages tirés des ressources génétiques.

Cette édition succède à la COP16 de Cali, en Colombie, en 2024. Faute d’accord sur l’ensemble des sujets, les délégations s’étaient retrouvées à Rome en février 2025 pour finaliser plusieurs décisions, notamment sur le financement. À Erevan, elles reprennent le fil avec une priorité claire : évaluer les actions déjà engagées.

Pourquoi la COP17 représente-t-elle une étape décisive pour la biodiversité ?

Une biodiversité mondiale toujours plus menacée

La biodiversité mondiale subit des pressions croissantes qui fragilisent les espèces animales, végétales et les milieux dans lesquels elles vivent.

Plusieurs activités humaines contribuent directement à ce déclin :

  • La destruction des habitats naturels : la déforestation, l’urbanisation et l’artificialisation des sols réduisent les espaces nécessaires à la vie sauvage ;
  • La pollution : les pesticides, les déchets plastiques et les rejets chimiques perturbent les écosystèmes terrestres et aquatiques ;
  • La surexploitation des ressources : la pêche intensive, certaines pratiques agricoles et les prélèvements excessifs menacent le renouvellement des populations animales et végétales ;
  • Le changement climatique : la hausse des températures et les événements météorologiques extrêmes modifient les conditions de vie de nombreuses espèces.

L’ampleur du phénomène inquiète les scientifiques. Selon le rapport mondial de l’IPBES publié en 2019, environ un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction, dont beaucoup au cours des prochaines décennies.

Au-delà de la disparition des espèces, cette dégradation touche directement les populations humaines. Elle fragilise notamment la pollinisation des cultures, la qualité de l’eau et les ressources naturelles dont dépend notre alimentation.

La préservation des écosystèmes constitue donc un enjeu environnemental, mais aussi sanitaire et économique.

Un premier bilan mondial à 4 ans de l’échéance de 2030

En décembre 2022, lors de la COP15, les pays ont adopté le Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité. Cet accord international fixe 23 cibles à atteindre d’ici 2030 pour enrayer le déclin du vivant.

La COP17 marque une étape importante : les États doivent examiner, pour la première fois, leurs progrès collectifs. L’objectif ne consiste plus seulement à annoncer des engagements. Il s’agit désormais de vérifier leur mise en œuvre et d’identifier les domaines où les efforts restent insuffisants.

Ce bilan doit notamment permettre de :

  • Mesurer les avancées réalisées depuis l’adoption du cadre mondial ;
  • Repérer les retards dans l’application des mesures nationales ;
  • Renforcer la coopération entre les pays pour accélérer les actions avant 2030.

Le calendrier impose une certaine urgence. À mi-parcours, les gouvernements disposent encore de 4 années pour concrétiser leurs engagements.

Quels sont les principaux objectifs de la COP17 ?

Protéger 30% des terres et des océans d’ici 2030

L’un des engagements majeurs du Cadre mondial de Kunming-Montréal consiste à conserver au moins 30% des terres, des eaux intérieures et des espaces marins d’ici 2030.

Pour y parvenir, les pays doivent notamment développer et renforcer les aires protégées. Ces espaces permettent de préserver des habitats essentiels à la reproduction, à l’alimentation et aux déplacements des espèces.

Toutefois, leur superficie ne suffit pas à garantir leur efficacité. Les États doivent aussi assurer une gestion adaptée, maintenir les continuités écologiques et respecter les droits des populations locales.

L’enjeu de la COP17 consiste donc à vérifier que les mesures engagées contribuent réellement à la conservation de la biodiversité.

Restaurer 30% des écosystèmes dégradés

Protéger les espaces naturels encore préservés ne suffit pas. Il faut également agir sur ceux que les activités humaines ont déjà fragilisés. D’ici 2030, les pays se sont engagés à placer au moins 30% des écosystèmes dégradés sous restauration effective.

Cette ambition concerne différents milieux :

  • Les forêts, pour favoriser le retour de la végétation et des espèces qui en dépendent ;
  • Les zones humides, qui abritent une biodiversité importante et participent à la régulation de l’eau ;
  • Les cours d’eau, afin de rétablir leur fonctionnement naturel et la circulation des espèces aquatiques ;
  • Les écosystèmes marins et côtiers, notamment les récifs coralliens et les mangroves.

Ces interventions visent à rétablir les fonctions écologiques des milieux dégradés. Elles peuvent également renforcer la capacité des territoires à faire face aux sécheresses, aux inondations et aux autres perturbations environnementales.

Réduire les pressions humaines sur les espèces et leurs habitats

Le cadre mondial prévoit aussi de limiter les activités qui accélèrent la disparition du vivant.

Parmi les priorités figure la réduction des risques liés aux pesticides d’au moins 50% d’ici 2030. Cet objectif concerne les effets de ces substances sur les organismes et les écosystèmes, et non une diminution uniforme des quantités utilisées.

Les engagements internationaux portent également sur la réduction de la pollution, la prévention des espèces exotiques envahissantes et l’exploitation durable des ressources naturelles.

En parallèle, les pays doivent prendre des mesures pour stopper les extinctions d’origine humaine des espèces connues comme étant menacées.

L’objectif est de réduire les causes du déclin de la biodiversité, plutôt que de se limiter à réparer leurs conséquences.

Réduire les pressions humaines sur les espèces et leurs habitats

Mobiliser davantage de financements pour protéger la nature

La réalisation de ces engagements nécessite des moyens financiers importants. Or, les pays ne disposent pas tous des mêmes ressources pour financer leurs politiques environnementales.

Le cadre mondial prévoit de mobiliser au moins 200 milliards de dollars par an d’ici 2030, toutes sources confondues, pour soutenir la biodiversité.

Il fixe également plusieurs orientations :

  • Renforcer les financements internationaux destinés aux pays en développement ;
  • Réduire d’au moins 500 milliards de dollars par an d’ici 2030 les incitations et subventions préjudiciables à la biodiversité ;
  • Développer la coopération internationale pour faciliter la mise en œuvre des actions de conservation.

Les négociations portent aussi sur le partage juste et équitable des avantages tirés de l’utilisation des ressources génétiques, notamment avec les pays et les communautés qui les fournissent.

À Erevan, les discussions doivent permettre de préciser les moyens nécessaires pour tenir ces engagements. Car sans financements suffisants, les objectifs de protection et de restauration risquent de rester hors d’atteinte.

Quelles décisions sont attendues lors de la COP17 à Erevan ?

Au-delà des objectifs de protection de la nature, la COP17 de 2026 doit déboucher sur des décisions concrètes. Les négociations portent notamment sur le suivi des engagements nationaux et les moyens d’accélérer leur application.

Évaluer les engagements pris par les pays

Pour la première fois depuis l’adoption du Cadre mondial de Kunming-Montréal, les États réalisent un examen mondial de leurs progrès collectifs.

Cette évaluation s’appuie notamment sur les stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité. Ces documents présentent les mesures que chaque pays prévoit pour contribuer aux objectifs internationaux. Les rapports nationaux et les indicateurs de suivi permettent ensuite d’apprécier les résultats obtenus.

À Erevan, cet examen doit aider les négociateurs à répondre à plusieurs questions :

  • Quels engagements ont réellement progressé depuis 2022 ?
  • Quels obstacles freinent leur application dans les différents pays ?
  • Quelles mesures faut-il renforcer pour respecter l’échéance de 2030 ?

L’enjeu est d’établir un diagnostic commun, sans confondre les actions annoncées avec les résultats effectivement obtenus.

Quel lien entre la biodiversité et le changement climatique ?

Le changement climatique et la perte de biodiversité sont 2 crises environnementales étroitement liées. Si le réchauffement fragilise les milieux naturels, leur dégradation peut, en retour, aggraver les dérèglements du climat.

Pourquoi le réchauffement climatique menace-t-il les écosystèmes ?

La hausse des températures transforme progressivement les conditions de vie des espèces animales et végétales. Certaines parviennent à s’adapter ou à se déplacer. D’autres rencontrent davantage de difficultés, notamment lorsque leur habitat se réduit.

Plusieurs phénomènes accentuent ces perturbations :

  • Les vagues de chaleur fragilisent les organismes et peuvent provoquer une mortalité importante chez certaines espèces ;
  • Les sécheresses prolongées réduisent les ressources en eau et affaiblissent la végétation ;
  • Le réchauffement des océans menace les récifs coralliens et les espèces marines sensibles aux variations de température ;
  • La modification des saisons perturbe les périodes de floraison, de reproduction et de migration.

Ces changements peuvent également désynchroniser les cycles de vie. Par exemple, certains oiseaux migrateurs risquent d’arriver après la période où leur nourriture est la plus abondante. Ainsi, les effets du réchauffement ne concernent pas uniquement les espèces prises individuellement. Ils peuvent déséquilibrer les relations entre les organismes et fragiliser des écosystèmes entiers.

Comment la protection de la nature contribue-t-elle à la lutte contre le réchauffement ?

Forêts, océans, zones humides et sols absorbent et stockent une partie du dioxyde de carbone (CO₂) émis dans l’atmosphère. Les préserver, c’est maintenir ces puits de carbone naturels. Les détruire, c’est risquer de relâcher le carbone qu’ils contiennent.

Attention toutefois, la protection de la nature ne remplace pas la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les 2 doivent avancer ensemble. D’où l’enchaînement des 2 grands rendez-vous de l’automne 2026 : la COP17 sur la biodiversité à Erevan, puis la COP31 sur le climat à Antalya, en Turquie, du 9 au 20 novembre.

Comment la protection de la nature contribue-t-elle à la lutte contre le réchauffement

Pour mieux comprendre le poids de nos émissions, consultez notre article qu’est-ce que l’empreinte carbone ?

Comment agir à son échelle pour préserver la biodiversité ?

Les négociations se jouent entre États. Mais la protection de la biodiversité passe aussi par nos choix quotidiens. Sans remplacer les politiques publiques, quelques gestes réduisent notre pression sur les ressources naturelles.

DomaineGestes concrets
AlimentationLutter contre le gaspillage, privilégier les produits de saison et issus de pratiques agricoles plus respectueuses
ConsommationAcheter durable, réparer plutôt que remplacer, limiter les emballages
Jardin et balconPlanter des espèces locales, bannir les pesticides, laisser un coin sauvage aux pollinisateurs
Loisirs natureRester sur les sentiers, ne rien laisser derrière soi, ne pas déranger la faune
ÉnergieRéduire ses consommations superflues et choisir une électricité d’origine renouvelable

Côté assiette, nos idées de cuisine anti-gaspi vous donnent des pistes concrètes. Pour aller plus loin dans la maison, découvrez ce qu’est une maison éco-responsable.

Pourquoi l’énergie compte aussi

Le changement climatique figure parmi les grandes causes du déclin du vivant. Réduire nos besoins énergétiques limite donc, indirectement, la pression sur les écosystèmes. La sobriété énergétique commence par des gestes simples, que vous retrouverez dans nos 40 écogestes pour réduire sa facture d’électricité.

Le choix d’une électricité d’origine renouvelable s’inscrit dans la même logique. L’éolien, le solaire et l’hydraulique produisent de l’électricité sans brûler de ressources fossiles. Chez la bellenergie, nous proposons une électricité 100% renouvelable et française, certifiée par des Garanties d’Origine.

En définitive, agir pour la biodiversité, c’est consommer moins de ressources, préserver les espaces qui nous entourent et faire des choix plus éclairés au quotidien. Les négociateurs d’Erevan ont leur part du travail. Nous avons la nôtre.

FAQ : les questions essentielles sur la COP17

  • La COP17 se consacre à la protection de la biodiversité. Elle se déroule du 19 au 30 octobre 2026 à Erevan, en Arménie. La COP31, organisée du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie, porte sur le changement climatique. La première cherche à enrayer le déclin des espèces et des écosystèmes. La seconde réunit les pays autour de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de l’adaptation climatique.

  • Le Cadre mondial de Kunming-Montréal prévoit 23 cibles à atteindre d’ici 2030. Parmi les principales figurent la conservation d’au moins 30% des terres et des espaces marins, ainsi que la restauration de 30% des écosystèmes dégradés. L’accord vise également à réduire les pollutions et les risques liés aux pesticides, tout en renforçant les financements consacrés à la nature.

  • La COP17 réunit les 196 Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB), soit 195 pays et l’Union européenne. Parmi ces participants figurent notamment la France, le Brésil, la Chine et l’Inde. Les États-Unis ne sont pas Parties à cette convention et n’y participent qu’en tant qu’observateurs. Au-delà des délégations étatiques, le sommet rassemble des organisations internationales, des scientifiques, des communautés autochtones et des représentants de la société civile.

  • Les écosystèmes naturels participent à la régulation du climat en absorbant et en stockant du carbone. Les forêts, les océans et les zones humides jouent notamment un rôle essentiel dans ce processus. Leur dégradation peut réduire cette capacité de stockage et libérer du CO₂ dans l’atmosphère. Préserver la biodiversité contribue donc à l’action climatique, en complément de la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

  • La COP17 de 2026 marque un tournant majeur : elle permet aux pays d’évaluer concrètement les progrès accomplis depuis l’accord historique de Kunming-Montréal. Alors qu’un premier bilan officiel révèle que moins de la moitié des objectifs nationaux sont sur la bonne voie, les délégations négocient la Voie d’Erevan (Yerevan Pathway) pour accélérer urgemment les actions.

    Les discussions clés de ce sommet se concentrent sur :

    • Le financement de la biodiversité et le déploiement de fonds d’urgence ;
    • La protection d’écosystèmes spécifiques, comme les milieux montagnards et d’eau douce ;
    • La coopération internationale et l’intégration renforcée des communautés locales et autochtones.

Sources

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