Bilan électrique 2025 les chiffres clés de la production, consommation et des exportations
Marché de l'énergie

Bilan électrique 2025 : les chiffres clés de la production, consommation et des exportations

Publié le 24 février 2026

2025, une année record mais pas encore une année de bascule

Les premières tendances du bilan électrique 2025 de RTE (Réseau de Transport d’Électricité) confirme la solidité retrouvée du système électrique français. Après le fort redressement observé en 2024, l’année écoulée s’inscrit dans la continuité : production élevée, exportations record, mix très faiblement émetteur de CO₂. La France consolide sa place centrale dans l’équilibre électrique européen.

Autrement dit, le système n’est plus en phase de rattrapage. Il entre dans une période de stabilisation durable. Mais une question plus structurelle demeure : cette performance de l’offre se traduit-elle déjà par une transformation profonde des usages ?

Car si la production est abondante et largement décarbonée, la consommation intérieure reste stable. L’électrification progresse, mais sans changement d’échelle.

En ce sens, le bilan électrique 2025 confirme la résilience du modèle français. Il prolonge la dynamique engagée en 2024.
La véritable bascule vers une économie massivement électrifiée reste, elle, à accélérer.

Consommation d’électricité 2025 : pourquoi la demande reste stable

Si l’on devait résumer la consommation d’électricité en 2025, un mot s’impose : stabilité. Pas d’effondrement. Pas de rebond non plus.

449 TWh consommés : une demande qui ne redémarre pas

En 2025, la consommation d’électricité en France (corrigée des aléas météorologiques et calendaires) s’établit à 449 TWh (valeurs provisoires)1. Un niveau strictement équivalent à 2024.

Ce chiffre peut sembler rassurant après les turbulences des années précédentes. Pourtant, il révèle surtout une absence de reprise.

La demande reste en effet inférieure d’environ 6% à la moyenne observée sur la période 2014-2019, et cela pour la 3e année consécutive . Autrement dit, la consommation électrique française n’a toujours pas retrouvé son niveau d’avant-crise.

Or les scénarios de décarbonation rapide présentés par RTE2 prévoient une consommation d’environ 510 TWh dès 2030, puis 580 TWh à l’horizon 2035. L’écart entre la trajectoire cible et la réalité 2025 reste donc significatif.

Dans un contexte où la transition énergétique prévoient une hausse de l’usage de l’électricité, pour remplacer les énergies fossiles dans les transports, le bâtiment ou l’industrie, cette stagnation interpelle. Le système est capable de produire davantage. Mais la demande intérieure ne suit pas encore.

Une électrification encore trop lente

L’électricité française bénéficie aujourd’hui d’un mix très faiblement émetteur. Elle constitue donc un levier central pour réduire les émissions. Pourtant, l’augmentation attendue des consommations liées à la mobilité électrique, aux pompes à chaleur ou à la réindustrialisation reste modérée.

La stabilité observée dans le bilan électrique en 2025 traduit plusieurs phénomènes :

  • Des efforts de sobriété énergétique ;
  • Des gains d’efficacité énergétique ;
  • Mais aussi un rythme d’électrification plus lent qu’espéré.

Production électrique : un mix largement décarboné

Après les tensions inédites de 2022 et les ajustements de 2023-2024, l’année 2025 marque une forme de stabilisation du système électrique français. Mais ce n’est pas un simple retour à l’équilibre. C’est un retour consolidé, avec un mix toujours plus décarboné et une production qui retrouve des volumes robustes.

544 TWh produits en 2025 : une production en hausse

En 2025, la production d’électricité en France atteint 544 TWh (valeurs provisoires), soit une évolution d’environ +1% par rapport à 2024 . Ce niveau correspond à la moyenne observée avant les crises sanitaire et énergétique. En d’autres termes, le système a retrouvé sa capacité nominale.

Mais le point le plus structurant reste ailleurs : 95% de l’électricité produite en 2025 est issue de filières bas carbone. Nucléaire, hydraulique, éolien et solaire composent l’essentiel du mix.

Dans un contexte européen encore marqué par la dépendance aux énergies fossiles, cette performance conforte la singularité du modèle électrique français.

Une disponibilité améliorée du parc nucléaire

En 2025, la production nucléaire progresse avec l’amélioration de la disponibilité du parc. Les arrêts prolongés liés aux phénomènes de corrosion sous contrainte ont été progressivement résorbés, permettant un fonctionnement plus continu des réacteurs.

Au 4e trimestre 2025, le nucléaire représentait 68,2% de la production totale d’électricité3. Sur l’ensemble de l’année, la production s’est établit autour de 373 TWh, en hausse de 3,1% par rapport à 2024.

Éolien et solaire montent en puissance

En parallèle, les énergies renouvelables électriques poursuivent leur impulsion.

Au 4e trimestre 2025, la production éolienne progressait de+30,6% en glissement annuel et représentait 11,1% de la production totale d’électricité sur la période.

Le photovoltaïque affichait une dynamique encore plus marquée, avec une hausse de +44,1% en glissement annuel. Il assurait également 3,5% de la production d’électricité nette au 4e trimestre. Ces hausses s’expliquent à la fois par l’augmentation des capacités installées et par des conditions météorologiques plus favorables que l’année précédente.

Fin 2025, selon Observ’ER4 le parc de production renouvelable atteignait près de 89,1 GW installés. Fait marquant, le photovoltaïque devient la 1ère filière en puissance raccordée, devant l’hydroélectricité. Plus de 73% des nouvelles capacités raccordées en 2025 proviennent du solaire.

Même si leur part reste inférieure à celle du nucléaire, la dynamique est nette. Le solaire et l’éolien renforcent progressivement leur contribution au mix électrique bas carbone.

Hydraulique : un recul conjoncturel, un rôle structurel

La production hydraulique recule, elle, de -11,5% au 4e trimestre 2025, en raison de stocks d’eau moins abondants qu’en 2024.

Ce repli conjoncturel ne doit toutefois pas masquer le poids structurel de la filière. Avec 26 007 MW de puissance installée à fin septembre 2025, l’hydroélectricité constitue toujours un pilier du système électrique français. Si elle n’est plus la 1ère filière renouvelable en capacité installée, désormais dépassée par le photovoltaïque, elle reste la 1ère en termes de production.

Énergie décarbonée et pilotable, l’hydroélectricité joue un rôle clé dans l’équilibrage du réseau, notamment lors des pointes de consommation.

Les objectifs nationaux confirment cette place stratégique : la capacité doit atteindre 26,3 GW en 2030, puis 28,5 GW en 2035.

Exportations d’électricité : un record historique pour la France

Un solde exportateur inédit

Avec un solde exportateur net de 92 TWh, la France a exporté très nettement plus d’électricité qu’elle n’en a importé en 2025. Jamais le pays n’avait affiché un tel niveau d’exportations nettes sur une année complète, dépassant déjà le record de 2024 (89 TWh).

Ce niveau s’explique simplement : une production élevée combinée à une demande intérieure stable, ce qui a mécaniquement accru les flux vers l’étranger.

Une France fournisseur de l’Europe

En 2025, la France a été exportatrice vers la quasi-totalité de ses voisins. Seule l’Espagne affiche des échanges restés proches de l’équilibre. Ces interconnexions jouent un rôle stratégique : elles permettent d’optimiser le fonctionnement du réseau européen et de renforcer la sécurité d’approvisionnement.

Un record révélateur et ambivalent

Ce record constitue indéniablement un signal positif :

  • Il confirme la robustesse du système électrique français ;
  • Il valorise une électricité faiblement émettrice ;
  • Il contribue à limiter le recours aux énergies fossiles à l’échelle européenne.

Mais il pose aussi une question plus structurelle : si la France exporte autant, c’est aussi parce que la consommation intérieure n’accélère pas encore.

Gaz, charbon, pétrole : quelle évolution en 2025 ?

Si le bilan électrique 2025 met en lumière un système de production largement décarboné, il ne faut pas oublier le reste du paysage énergétique. Car l’électricité ne représente qu’une partie de la consommation d’énergie en France.

Et sur ce terrain, la transition avance, mais à un rythme plus contrasté car les énergies fossiles sont encore présentes.

Gaz naturel : une consommation en baisse

Au 4e trimestre 2025, la consommation d’énergie primaire de gaz naturel recule de -5,4% par rapport au T4 2024. Corrigée des effets climatiques, la tendance reste orientée à la baisse.

Les importations nettes diminuent, dans un contexte de moindre appel aux centrales à gaz. En parallèle, la structure des approvisionnements évolue : les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) progressent, notamment en provenance des États-Unis, qui deviennent un fournisseur majeur.

Mais le gaz demeure encore très utilisé, notamment pour certains usages industriels. La dépendance n’a pas disparu. Elle recule lentement.

Charbon : un usage devenu marginal

Le recul est encore plus marqué du côté du charbon. Au 4e trimestre 2025, a consommation totale de produits du charbon ou combustibles minéraux solides chute de -19,4% par rapport à l’année précédente. La production d’électricité à partir de charbon devient résiduelle en métropole, les centrales étant très peu sollicitées.

Pétrole : une stabilité trompeuse

Côté produits pétroliers, l’évolution est plus nuancée. Au 4e trimestre 2025, la consommation dénergie primaire globale progresse légèrement de +0,8%.

C’est ici que se joue une partie décisive de la transition énergétique. Tant que les mobilités resteront majoritairement thermiques, la baisse des émissions restera partielle.

Indépendance énergétique et climat : des signaux encourageants

Au-delà des volumes produits ou exportés, le bilan énergétique 2025 envoie un message plus structurel : la France renforce progressivement son autonomie énergétique tout en réduisant ses émissions.

La trajectoire reste exigeante. Mais les indicateurs évoluent dans le bon sens.

Un taux d’indépendance énergétique en hausse

En 2025, le taux d’indépendance énergétique progresse par rapport à 2024.

Autrement dit, l’énergie consommée en France provient désormais en majorité de ressources produites sur le territoire, principalement grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables.

Au 4e trimestre 2025, cette amélioration se confirme avec un taux d’indépendance atteignant 57,9%, en expansion de 2 points sur 1 an.

Cette évolution s’explique par deux dynamiques complémentaires :

  • Une production d’électricité bas carbone en progression ;
  • Une consommation d’énergies fossiles en recul, notamment pour le charbon et le gaz.

Mais le tableau reste contrasté. Rappelons qu’en France, les énergies fossiles représentent encore environ 60% de la consommation d’énergie totale.

Une baisse mesurable des émissions de CO₂

Les émissions de CO₂ liées à la combustion d’énergies fossibles diminuent également.

Au 4e trimestre 2025, elles reculent de –2,7% par rapport à la même période de l’année précédente. Sur 12 mois cumulés, la tendance reste orientée à la baisse.

Les niveaux observés sont désormais proches de ceux de 2020, après le pic enregistré lors de la reprise post-crise énergétique.

La dynamique est enclenchée. Mais elle reste fragile tant que certains secteurs, transport routier ou industrie lourde par exemple, n’ont pas pleinement engagé leur électrification.

Une dynamique positive à amplifier

Les chiffres du bilan électrique 2025 envoient un signal encourageant : la France renforce son indépendance énergétique et réduit progressivement son empreinte carbone.

Le système électrique est désormais solide, largement bas carbone, capable de produire davantage que la demande nationale. Ce n’est plus l’offre qui constitue le principal verrou. Le véritable enjeu se situe ailleurs.

Dans la capacité de l’économie à basculer plus franchement vers l’électricité décarbonée : chauffage, mobilité, industrie, tertiaire. Car chaque usage électrifié, lorsqu’il s’appuie sur un mix à 95% bas carbone, devient un levier concret de réduction des émissions.

La trajectoire est engagée. La prochaine étape consiste à en faire un moteur d’accélération.

Et c’est précisément l’ambition affichée par la Programmation pluriannuelle de l’énergie 2026-2035 (PPE 3) : augmenter fortement la production d’électricité décarbonée, porter la demande vers plus de 600 TWh à l’horizon 2035, relancer certains projets nucléaires et accélérer le développement des renouvelables.

Pour comprendre les grandes orientations de cette feuille de route énergétique et les projets structurants à venir, découvrez notre article dédié à la PPE 3.

Sources

  1. RTE – BILAN ÉLECTRIQUE 2025 – Premières tendances (valeurs provisoires) ↩︎
  2. RTE – Le bilan prévisionnel 2025-2035 ↩︎
  3. SDES – Conjoncture énergétique trimestrielle – Quatrième trimestre 2025 ↩︎
  4. Observ’ER – Le baromètre 2025 de l’électricité renouvelable en France ↩︎

Ça peut vous intéresser