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Que faut-il retenir du 6e rapport d’évaluation du GIEC ?

Publié le 31 mars 2023

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Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) a publié en mars dernier l’ultime partie de son 6e rapport d’évaluation. Il fait la synthèse des 8 dernières années de recherche sur l’évolution du climat et son impact sur les hommes et les écosystèmes. Comme il fait plus de 4 000 pages, on s’est dit qu’un petit résumé serait le bienvenu. 😊

Rafraîchissez-moi la mémoire, c’est quoi le GIEC exactement ? 

Commençons par un peu d’histoire. Remontons à la fin des années 80. À l’époque, le lien entre réchauffement climatique et activités humaines commence à faire consensus. Pour analyser ce phénomène de plus près, un groupe d’experts est rassemblé au sein du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat. Le GIEC est né, nous sommes en 1988.

Placé sous l’égide des Nations-Unis, cet organisme indépendant compte 195 États membres. Sa principale vocation est de fournir tous les 4 à 6 ans un rapport sur l’évolution du climat et sur les impacts du changement climatique. Ce document synthétise toutes les études scientifiques apportant un éclairage sur le sujet. Il permet également de formuler des recommandations.

Les travaux du GIEC sont d’une importance capitale. Ce sont principalement sur ses chiffres, ses analyses et ses recommandations que se basent toutes les négociations internationales concernant la lutte contre le réchauffement climatique.

Les principaux constats du 6e rapport du GIEC

Publié le 20 mars dernier, le 6e rapport de synthèse du GIEC (AR6 pour les intimes) conclut un cycle de travail ouvert en octobre 2015. Il servira de base au premier bilan mondial de l’Accord de Paris qui se tiendra fin 2023 à Dubaï et aux Émirats arabes unis. 

Si le GIEC n’a pas pour habitude de faire dans le catastrophisme, ses constats sur la dernière période d’évaluation (2015-2023) sont tout de même assez préoccupants.

Les émissions de gaz à effet de serre toujours en augmentation

Première conclusion, les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont continué à augmenter au cours de la dernière décennie. La concentration dans l’atmosphère du CO2, notamment, a atteint des records. En 2019, elle a dépassé les 410 ppm en moyenne, du jamais vu depuis 2 millions d’années. Seul motif de satisfaction, les émissions augmentent toujours mais elles augmentent deux fois moins vite que durant la décennie précédente. C’est toujours ça de pris !  

La hausse des températures s’accentue

C’est maintenant une quasi-certitude, le réchauffement global depuis le début de l’ère préindustrielle dépassera les 1,5°C en 2030. Ce seuil sera atteint quels que soient les efforts entrepris pour limiter nos émissions. La décennie 2011-2020 a été la plus chaude depuis environ 125 000 ans mais sera aussi selon toute vraisemblance la plus fraîche d’ici la fin du siècle.

Des populations et des écosystèmes de plus en plus vulnérables

35 à 45% des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont le fait des 10% les plus riches de la planète. À l’opposé, ce sont les populations les plus vulnérables qui souffrent le plus des effets du réchauffement. Le GIEC estime qu’environ 3,3 milliards d’êtres humains vivent dans des zones vulnérables à très vulnérables au changement climatique, à savoir :

  • l’Amérique centrale et du Sud ;
  • l’Asie du Sud ;
  • l’Afrique subsaharienne ;
  • l’Arctique ;
  • Le Pacifique.

Dans ces régions, les écosystèmes sont également particulièrement mis à l’épreuve avec la disparition rapide de nombreuses espèces animales et végétales.

Tous inégaux face au changement climatique

Entre 2010 et 2020, la mortalité causée par les tempêtes, les inondations ou les sécheresses a été 15 fois supérieure dans les pays très vulnérables par rapport aux pays moins exposés.

 

L’intensification des impacts du réchauffement

Plus les émissions de gaz à effet de serre augmentent, plus le réchauffement s’accélère et plus ses conséquences sont importantes. C’est d’une logique implacable. Le GIEC prédit ainsi une augmentation des phénomènes climatiques inhabituels dans les années à venir, à savoir : 

  • les épisodes caniculaires ;
  • les fortes précipitions ;
  • les sécheresses ;
  • les tempêtes ;
  • les inondations ;
  • etc.

Le GIEC craint également des effets en cascade, un phénomène en déclenchant un autre. La fonte du permafrost en Sibérie, par exemple, pourrait dégager d’importantes quantités de méthane emprisonnées dans le sous-sol et accélérer encore le réchauffement, etc, etc.

Le réchauffement global pourrait dépasser les 3 degrés en 2100

D’après les travaux du GIEC, les politiques énergétiques et environnementales déjà en place ne sont pas suffisantes pour endiguer la hausse des températures. Si aucun effort supplémentaire n’est entrepris rapidement, au rythme actuel, le réchauffement atteindra entre 2,4 et 3,5°C d’ici la fin du siècle et ses effets seraient potentiellement catastrophiques.

 

Les recommandations du GIEC

Heureusement, le rapport du GIEC ce n’est pas que de mauvaises nouvelles. Son but est aussi de trouver une issue à la question du réchauffement ou tout du moins de proposer des solutions pour y faire face et s’adapter.

Adaptation et résilience

« Plus on attend, plus ça va coûter cher » : l’avertissement lancé par le GIEC il y a déjà quelques années commence à être entendu. Pour faire face aux impacts du changement climatique, de nombreux États prennent des mesures d’adaptation, en nette augmentation depuis 2014 et la publication du précédent rapport. Toutefois, ces mesures concernent surtout la gestion de l’eau (irrigation, agroécologie, etc) et leurs bénéfices sont difficilement quantifiables. 

La transformation systémique

Le GIEC est très clair à ce sujet. On ne pourra pas limiter le réchauffement climatique à 1,5°C sans faire baisser drastiquement nos émissions de CO2. Pour y parvenir, l’objectif est de viser la zéro émission nette de CO2 à l’échelle mondiale en 2050. Concrètement, nous devrons parvenir d’ici là à capter autant de CO2 qu’on en émet. Cette chasse aux émissions carbonées concerne tous les secteurs d’activité et doit selon le GIEC s’articuler autour de trois piliers :

La crainte de « l’overshoot »

Les experts du GIEC assortissent leurs recommandations concernant la baisse des émissions de CO2 d’un caractère d’urgence. Ils craignent que l’efficacité des actions soit compromise en cas de dépassement, même temporaire, des 1,5°C, « l’overshoot » comme ils l’appellent. Il faut donc agir, et agir vite pour que les efforts menés servent à quelque chose.

 

Mise en place d’incitations financières

Les mesures d’adaptation et de transformation systémique ont un gros défaut : elles coûtent cher et ne sont pas toujours rentables. Conscient de ce frein à leur développement, le GIEC encourage les États à davantage flécher les flux financiers publics et privés vers la finance climat en accordant notamment des incitations financières aux acteurs de la transformation écologique.

La coopération internationale entre pays du Nord et pays du Sud est également fortement encouragée par le GIEC afin d’élaborer une réponse globale à la question climatique.

Comment agir à votre échelle pour limiter le réchauffement ?

Face au réchauffement climatique, on peut se sentir impuissant. Pourtant, en France, nous émettons chacun individuellement un peu plus de 11 tonnes de CO2 par an. Il y a de quoi faire. Chacun de nous a son petit rôle à jouer pour faire changer les choses. D’autant plus qu’il est tout à fait possible de réduire son bilan carbone sans changer complètement de mode de vie.

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